des conseils pour les gestionnaires, afin de veiller à la santé mentale des employés pendant la crise de la COVID-19.

Selon les statistiques, il est fort probable qu’au moins une personne sur vos lieux de travail soit actuellement confrontée à un problème de santé mentale. Voici une donnée qui parle d’elle-même : à l’âge de 40 ans, environ 50 % des Canadiens auront souffert d’une forme de maladie mentale au cours de leur vie. Aussi, toujours au Canada, une personne sur cinq est confrontée à un problème de santé mentale chaque année. Lorsqu’une crise mondiale telle que la pandémie de la COVID-19 frappe, il va sans dire que la santé mentale collective est mise à rude épreuve.

En tant que dirigeant, encadrer vos employés est une responsabilité que vous devez assumer. Vos employés possèdent-ils les outils et les ressources nécessaires pour prendre soin de leur santé mentale en ce moment ? Créer un contexte accueillant, sécuritaire et favorable pour aborder la question s’avère ici une première étape indispensable. Cela peut en effet faire la différence pour la personne qui, jusqu’ici, souffre en silence : s’ouvrir sur  sa souffrance mentale est généralement le premier pas vers le mieux-être. 

Dans cet article, vous trouverez de nombreux conseils pour faire de votre milieu de travail un lieu sûr où il est toujours possible de se confier et de poser des questions quant à sa santé mentale.

soutenir la santé mentale des employés pendant la crise de la COVID-19

mettre fin à la stigmatisation reliée à la santé mentale au travail

Les troubles de la santé mentale sont extrêmement fréquents et répandus dans la société. Les recherches démontrent que 50 % des Canadiens de 40 ans et plus ont fait face à un problème de santé mentale au cours de leur vie. 

Malgré ce fait, les employés se taisent la plupart du temps lorsqu’il est question de santé mentale. Le facteur principal qui semble causer ce silence est la crainte d’être perçu différemment des autres, surtout en ce qui a trait à leur lieu de travail. Les dirigeants détiennent donc un rôle crucial dans la lutte contre les stigmas entourant la santé mentale, à l’échelle sociale. 

  • À cette heure, seuls 50 % des Canadiens partagent à leurs amis ou leurs collègues qu'un membre de leur famille souffre d'une maladie mentale. Pendant ce temps, 72 % s’ouvrent sur un diagnostic de cancer et 68 % le font à propos d'un membre de leur famille qui souffre de diabète. Nous devons agir tous ensemble, pour briser la croyance que la maladie mentale est moins considérable qu’une maladie qui s’attaque seulement au niveau physique.
  • Ce qui afflige les personnes qui souffrent de troubles de santé mentale est la peur d’être considérées comme faibles, incapables ou même paresseuses. Les collègues sont parfois laissés dans l’inconnu, en ne sachant pas si une personne souffrante de maladie mentale peut ou non remplir son rôle. Si ces préjugés persistent, c’est parce que le sujet de la santé mentale et des troubles qui les composent ne sont pas assez évoqués en milieu de travail. Ce qui reste vrai, c’est qu’une personne souffrante de trouble de la santé mentale a besoin d'un traitement et d’encadrement - et non de présomptions.
  • Un environnement dans lequel il est sain et normal de s’ouvrir sur ses symptômes mentaux engendre des employés qui se sentent encadrés et pris en charge. Les supérieurs et les dirigeants doivent eux aussi parler ouvertement de leurs préoccupations en matière de santé mentale, de gestion du stress et d'autogestion de la santé des employés. Cela permet à ces derniers de se sentir à l'aise de s’exprimer sur leurs propres défis et besoins, tout en réduisant les stigmas qui gravitent autour de la santé mentale.

Lorsqu’il est question de santé mentale, tout n’est pas noir ou blanc, que vous soyez ou non malade. Il est important de savoir qu’il existe des zones d'ombre entre être en parfaite santé et être affligé par un problème de santé mentale. Les gens peuvent être confrontés à la santé mentale, à différents niveaux et à différents degrés d’intensité. Cette intensité peut aussi être variable dans la même journée, dépendamment de plusieurs facteurs. En tant qu'employeur, il faut parfois revenir à l'essentiel : votre équipe est composée d’êtres humains, avant d’être composée d’employés à proprement parler.

Ce graphique de la Commission de la santé mentale du Canada illustre le spectre de la santé mentale. (en Anglais)

être conscient des signes et des symptômes

Si vous remarquez une différence palpable, soudaine ou progressive dans le comportement d’un membre de votre équipe, planifiez de le contacter. Offrez-lui votre soutien en commençant par vérifier, tout simplement, s’il va bien. Voici quelques signes qui peuvent indiquer qu'un employé est en difficulté:

  • son comportement, son attitude et son apparence ne sont pas habituels
  • il évite curieusement de participer aux événements 
  • il garde sa caméra éteinte lors de visioconférences
  • il accumule les retards aux réunions et n’est plus aussi ponctuel
  • il semble distrait, déprimé ou désespéré
  • il a déjà souffert d’un trouble de santé mentale
  • il est grandement préoccupé par des difficultés physiques ou personnelles 

entamer une conversation

Il peut être laborieux pour certaines personnes d'engager une conversation sur la santé mentale, surtout si elles n'ont pas l'habitude de le faire. Comme pour beaucoup de choses, la pratique est la clé de la réussite. Faites en sorte qu'il soit normal et naturel de parler de santé mentale. Créez une culture d’ouverture dans votre entreprise, les employés se sentiront davantage en sécurité et craindront moins les répercussions. Quand le moment d'aborder le sujet est imminent, faites-le selon les règles de l’art.

les trois règles importantes

  1. écouter avant de parler
    Garder le silence et se retenir de répondre pour écouter plus longtemps peut être plus difficile que vous ne le croyez.  Néanmoins, il s’agit d’une règle de base de l’écoute active. N’ayez pas peur du silence : laissez suffisamment de temps à votre employé pour se confier, penser, parler librement et peut-être même laisser sortir ses émotions. Instinctivement, vous serez animé par la pulsion de le réconforter. Mettez tous les efforts possibles pour attendre qu’il ait visiblement terminé de se confier pour prendre parole.
  2. parler au « je »
    Le plus possible, tentez de ne pas vous lancer dans des statistiques ou des sources sur la santé mentale. Des chiffres ou des faits froids peuvent créer de la distance ou donner l'impression que vous essayez de résoudre leur problème. Tout ce que vous devez faire, c’est participer activement à la conversation en utilisant le pronom “je”,  et en laissant l’écoute au premier plan.
  3. lui demander comment il aimerait être soutenu
    Chacun a des besoins différents en matière de santé mentale. Plutôt que de présumer les besoins de l’employé, demandez-lui comment il désire être soutenu. Ensuite, élaborez un plan en fonction des informations que vous aurez retenues.

amorcer la conversation : quelques exemples

Briser la glace est souvent la partie la plus difficile d’une conversation sur la santé mentale. Si vous vous cassez la tête en vous demandant comment faire, voici quelques phrases clés. Elles peuvent vous venir en aide, surtout en ce temps de pandémie de la COVID-19.

« J'ai remarqué dernièrement que tu es moins présent lors de nos échanges hebdomadaires. Comment vont les choses pour toi » ?

« Mon environnement de travail habituel me manque beaucoup. Toi, comment te sens-tu avec tout ce qui se passe » ?

« Je suis tombé sur un webinaire qui traite de la santé mentale. C’était vraiment intéressant et j'ai appris beaucoup de choses sur comment avoir de meilleures conversations avec mon équipe. J'espérais que nous pourrions discuter toi et moi ».

conseils pour créer un lieu de travail favorable à la santé mentale

favoriser le dialogue ouvert

Prenez des mesures proactives pour réduire la stigmatisation et parler de santé mentale sur votre lieu de travail. Encouragez vos gestionnaires à s’entretenir régulièrement avec les employés à cet effet. Si les discussions sur la santé mentale sont normalisées, les employés se sentiront plus à l’aise de s’ouvrir à leur supérieur en cas de besoin.

développer des ressources en matière de santé mentale

Si vous ne disposez pas déjà de ressources pour soutenir la santé mentale de vos employés, créez une trousse où ils peuvent trouver celles dont ils ont besoin. Aujourd’hui, il est possible de créer vos propres ressources, d’utiliser un programme d'aide aux employés (PAE), ou de combiner les deux. D’ailleurs, il est judicieux d'envoyer régulièrement des rappels sur les aides dont vos employés peuvent bénéficier.

désigner vos ambassadeurs en santé mentale

Sélectionnez des personnes au sein de votre organisation qui peuvent servir d'ambassadeurs de la santé mentale. Nous vous recommandons de fournir une formation supplémentaire à ces employés, afin qu'ils puissent parler de la santé mentale en connaissance de cause. Vos ambassadeurs doivent être des points de référence vers lesquels vos employés peuvent se tourner au besoin.

créer une politique tolérance zéro pour le harcèlement et la discrimination

Précisez que le harcèlement et la discrimination de toute nature ne sont pas acceptables sur votre lieu de travail. Soyez clair à ce sujet et assurez-vous que tous les employés sont au courant de vos politiques, ainsi que des conséquences de leur non-respect. Misez sur des valeurs positives telles que l'ouverture, et intégrez-les clairement dans l’identité de votre entreprise. 

prévoir des moyens de contact

Il est crucial de donner à vos employés la chance de se sentir connectés à leur milieu de travail, même à distance. Pendant la pandémie de la COVID-19, veillez à ce que les points de contact demeurent. Mettez l’interaction virtuelle de l’avant, créez des communautés et d'autres espaces où les employés peuvent échanger. i Il est important qu’ils discutent, cela contribuera à minimiser la solitude et l'isolement qu'amène le télétravail, en particulier pour les personnes qui vivent seules.

maintenir l'équilibre entre le travail et la vie privée

Le stress est l'un des principaux facteurs contribuant à la maladie mentale. Le fait de fixer des attentes réalistes aux employés et de s'assurer qu'ils sont en mesure d'atteindre un équilibre entre leur vie professionnelle et privée peut réduire le stress. Pendant la crise de la COVID-19, de nombreux employés travaillent à domicile : les limites entre le travail et la maison y sont parfois floues. Assurez-vous que les employés sont en mesure d’équilibrer leur temps de travail et leur temps personnel sans trop de difficultés.

chez randstad, la santé mentale au travail est un sujet qui nous tient énormément à cœur. consultez d'autres ressources sur la santé mentale pour vous aider à créer un environnement de travail encore plus sain.

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