Il est souvent question de ce que les milléniaux ont à offrir sur le marché du travail. Il est fort probable que vous ayez entendu quelques préjugés peu flatteurs à leur sujet, que ce soit à propos de leur paresse ou du fait qu’ils font de mauvais gestionnaires. Cependant, c’est un tout autre tableau qui se dessine lorsque nous examinons les faits. Nous vous proposons ici de renverser quelques-uns des mythes couramment perpétués sur les milléniaux.

Myths-About-Millennial-Workers-Debunked.Jpg
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les milléniaux sont paresseux

Lorsqu’il s’agit de mythes au sujet des milléniaux sur le marché du travail, celui-ci se retrouve souvent en tête de liste. Les milléniaux ont la mauvaise réputation de ne pas vouloir travailler. Cependant, des études ont démontré que c’est manifestement faux. Les milléniaux ont un des plus hauts taux d’emploi au Canada, avec 86 % des personnes âgées de 25 à 34 ans sur le marché du travail en 2017, selon StatCan. Avec la diminution constante du taux de chômage au Canada, il est probable que ces chiffres n’ont fait qu’augmenter au cours de la dernière année.

À noter également : selon un sondage réalisé par Allianz, les travailleurs milléniaux sont plus susceptibles de ne pas utiliser leurs journées de vacances que toute autre génération, avec 48 % d’entre eux qui ne les réclament pas en partie ou en totalité. La raison ? Peur d’être jugé paresseux ou coupable d’avoir besoin de temps libre. Les milléniaux font donc tout leur possible pour réfuter cette théorie. (À noter : nous avons récemment discuté de l’importance de prendre des vacances pour tous les travailleurs et de la nécessité de ne jamais laisser vos vacances payées inutilisées.)

Ce mythe découle peut-être du fait que de nombreux milléniaux sont régulièrement sous-employés plutôt que sans-emploi. Être sous-employé signifie avoir un emploi qui ne correspond pas à son niveau d’éducation et de compétences. Imaginez détenir un emploi au salaire minimum après avoir terminé quatre années d’études universitaires. Selon Forbes, environ 44 % des milléniaux récemment diplômés ont indiqué avoir été sous-employés en 2017.

Pour mettre le sous-emploi des milléniaux en contexte, il faut se rappeler que les milléniaux ont atteint l’âge adulte pendant la Grande Récession, ce qui a empêché de nombreux jeunes travailleurs qualifiés de trouver un bon emploi en début de carrière. Cette situation de sous-emploi en a suivi bon nombre d’entre eux tout au long de leur carrière. En effet, plusieurs milléniaux continuent d’éprouver des difficultés à faire progresser leur carrière, n’ayant pas eu la possibilité d’accéder aux postes de premier niveau qui permettent plus tard de gravir les échelons professionnels.

Ce n’est qu’au cours des dernières années que le marché du travail a commencé à se redresser. Pourtant, il semble que les milléniaux continuent d’être laissés pour compte. En effet, les employeurs se tournent maintenant vers la génération active la plus jeune, la génération Z, pour pourvoir aux nouveaux postes de premier échelon. Les milléniaux ne sont donc pas paresseux. Ils veulent travailler. Ils ont toutefois eu la malchance d’arriver à l’âge adulte à une période où il y avait beaucoup de concurrence pour un moins grand nombre de bonnes possibilités d’emploi. Alors que l’économie est en plein essor, les milléniaux voient enfin émerger de nouvelles perspectives de carrière.

les milléniaux croient que tout leur est dû

Une autre rengaine quand il s’agit des milléniaux : ils croient que tout leur est dû et veulent tout avoir sans effort. Ils veulent des augmentations de salaire, des promotions et des avantages sociaux, sans d’abord jeter les bases de leur carrière. Ces affirmations sont sans preuve tangible. En réalité, comme nous l’avons souligné plus haut, près de la moitié des milléniaux sont sous-employés, de sorte que nous pourrions argumenter que c’est précisément tout le contraire qui est vrai.

Il est probable que les fortes opinions des milléniaux ont été perçues comme s’ils pensaient que tout leur est dû. Dans l’ensemble, les milléniaux sont plus enclins à dire ce qu’ils pensent et à exprimer leurs opinions, même aux aînés et aux gestionnaires, que les générations précédentes. La majorité des milléniaux ont été élevés par les baby boomers qui leur ont enseigné l’assurance et la confiance en soi. Ils n’ont pas peur d’exprimer leurs besoins et de définir leurs limites, surtout sur le plan professionnel. Ils peuvent avoir une vision très claire de ce qu’ils recherchent dans le cadre de leur emploi. Par exemple, leur liste d’employeurs idéaux peut être limitée, ou peut-être sont-ils rigides quant à ce qu’ils sont prêts à accepter en matière de culture du milieu de travail.

Bien que les priorités des milléniaux puissent différer de celles des générations précédentes (par exemple, la conciliation travail-vie personnelle, la culture d’entreprise, etc.), rien n’indique que les milléniaux ne sont pas prêts à travailler dur pour combler leurs attentes professionnelles.

les milléniaux sont toujours en quête de compliments

On décrit souvent les milléniaux comme la génération du « trophée de participation », ayant grandi à une époque où chacun reçoit un prix, quel que soit son niveau d’effort personnel. Les milléniaux sont aussi la première génération des réseaux sociaux. Ils ont grandi avec les premières plateformes de réseaux sociaux comme MySpace et Facebook et se sont habitués à la boucle de rétroaction constante qui caractérise les interactions en ligne. Ainsi, nombreux sont ceux qui croient que les milléniaux ont besoin d’un flux similaire de compliments pour bien fonctionner au travail.

Bien que certains faits suggèrent que les milléniaux accordent plus d’importance à la rétroaction fréquente que les autres générations de travailleurs, l’idée qu’ils sont toujours en quête de compliments n’est pas fondée. Les milléniaux indiquent qu’ils préfèrent un plus grand nombre de rencontres avec leur supérieur, comparativement à la génération X et aux baby boomers qui estiment que moins de rencontres résultent en une plus grande productivité. En revanche, dire que les milléniaux sont à la recherche de validation n’est pas vrai. C’est la conversation qui leur est importante et non les compliments. Les milléniaux sont plus susceptibles que toute autre génération de dire que la critique constructive est un élément important de leur croissance personnelle et professionnelle. Dans une étude récente d’IBM qui réfute davantage la notion que les milléniaux sont en recherche constante de compliments, les principales qualités que ceux-ci recherchent chez un supérieur sont, dans l’ordre : l’équité, la transparence, la communication et la fiabilité. Seulement 29 % ont dit préférer un supérieur qui les complimente régulièrement.

les milléniaux ne veulent pas de postes de gestion (et n’ont pas les qualifications requises de toute façon)

L’idée sous-jacente est que soit les milléniaux ne veulent pas la responsabilité qui vient avec les rôles de gestion (ce qui revient au stéréotype des milléniaux paresseux), soit ils sont incapables d’être de bons gestionnaires.

En 2016, les milléniaux ont devancé les baby boomers en tant que génération active la plus importante au Canada. Il est donc logique que la part des milléniaux gestionnaires soit également à la hausse. Âgés de 25 à 38 ans, de nombreux milléniaux atteignent un stade de leur carrière où ils sont considérés pour des postes de cadres supérieurs. Rien ne démontre que les milléniaux évitent activement ces emplois. Comme pour tous les nouveaux gestionnaires, les milléniaux doivent traverser une période d’apprentissage pour devenir leader. Cependant, tout indique que les milléniaux sont en mesure de relever ce défi. Dans l’ensemble, les milléniaux ont un QE élevé (quotient émotionnel), un élément clé pour faire de bons leaders. Ils sont également susceptibles de valoriser la communication et une culture positive de travail, deux qualités qui se prêtent vraisemblablement bien à des rôles de leadership.

les milléniaux sont accros de la technologie

Les milléniaux sont la première génération à grandir avec un ordinateur et autres technologies à la maison. Il est donc naturel que la technologie occupe une place importante dans leurs vies. Les milléniaux ont aussi le taux d’adoption de téléphones intelligents le plus élevé, soit 94 % des milléniaux canadiens qui en possèdent un. Incontestablement, la technologie est importante pour eux. Ils sont également plus susceptibles de se tourner vers des entreprises qui, selon eux, maîtrisent la technologie et qui encouragent leur vision de la technologie.  

Les milléniaux considèrent la technologie comme une extension d’eux-mêmes qui leur simplifie la vie. Ils vivent selon la devise « travailler mieux sans travailler plus ». Ils détestent l’inefficacité et la bureaucratie et se tournent vers la technologie afin de rationaliser leurs vies. Ils ne veulent pas en faire moins ; ils veulent en faire plus en moins de temps. Cette approche n’en est pas une mauvaise. Elle peut favoriser l’innovation dans les domaines où les processus sont stagnants et stimuler la productivité globale en automatisant les tâches simples ou répétitives.

Par ailleurs, malgré leur ferveur pour la technologie, les milléniaux disent préférer la communication en personne au travail, plutôt que les courriels et les messages instantanés. Ainsi, bien qu’il ne fasse aucun doute que les milléniaux soient des spécialistes de la technologie, ils sont capables de voir au-delà de celle-ci, par exemple au travail, lorsque la communication d’idées complexes peut être difficile par texte. Les milléniaux accordent aussi beaucoup d’importance à la rétroaction en personne (voir plus haut : les milléniaux sont toujours en quête de compliments). Le millénial moyen préfère la communication continue, sur une base hebdomadaire ou quotidienne, plutôt que trimestrielle ou annuelle, comme les générations plus âgées.

les milléniaux vivent aux crochets de leurs parents

Selon ce mythe, les milléniaux se tournent vers leurs parents pour subvenir à leurs besoins essentiels comme le logement et la nourriture, tout en dépensant de façon frivole leur argent pour des choses inutiles et indulgentes comme des toasts à l’avocat à 8 $. Il existe une multitude de mèmes qui expliquent mieux que moi le caractère erroné de cette prémisse.

Comme mentionné précédemment, le climat économique durant lequel les milléniaux ont atteint l’âge adulte était très différent de celui des baby boomers et de la génération X. En 1988, le prix moyen des maisons à Toronto était de 273 000 $ — ce qui était considéré astronomique à l’époque (le prix moyen s’était finalement arrêté à un peu moins de 200 000 $ au milieu des années 90). En 2017, une maison moyenne à Toronto coûtait 822 000 $. Si l’on tient compte du fait que les salaires moyens n’ont pas suivi l’augmentation de 300 % du prix des maisons au cours de la même période, il devient évident que les milléniaux n’ont pas beaucoup d’options quant à leur indépendance financière. Dans des villes canadiennes comme Toronto et Vancouver où le coût de la vie est élevé, habiter chez ses parents est une nécessité pour beaucoup de gens. Pour pouvoir assumer le coût des dépenses de base, les milléniaux habitent avec leurs parents plus longtemps. Un rapport du Pew Research Center indique même que pour la première fois depuis plus d’un siècle, il y a plus de gens âgés de 18 à 34 ans qui choisissent de vivre avec leurs parents que tout autre arrangement.

Il est aussi intéressant de noter qu’une étude récente menée par Bank of America a fait la une des journaux en affirmant que 16 % des milléniaux avaient 100 000 $ d’économies et que 47 % avaient amassé 15 000 $ ou plus. Il semble donc qu’un plus grand nombre de milléniaux épargnent pour des objectifs à long terme (comme un dépôt pour l’achat d’une maison ridiculement chère) qu’on ne le pensait auparavant.

Il est temps de dire adieu à ces mythes non fondés et nuisibles sur les milléniaux. Comme toutes les générations, les milléniaux forment un groupe diversifié qui compte de nombreux travailleurs talentueux et ambitieux. Bien que quelques éléments indésirables aient donné à cette génération une réputation difficile à ébranler, il est temps de regarder au-delà des stéréotypes et de reconnaître la contribution des milléniaux sur le marché du travail.

Les milléniaux ont un rôle essentiel à jouer au sein de la main-d’œuvre multigénérationnelle d’aujourd’hui. La création d’une marque employeur attrayante pour les milléniaux devrait faire partie intégrante de la stratégie d’embauche de toute entreprise. Après tout, lorsque les baby boomers et les membres de la génération X partiront à la retraite dans un avenir pas trop éloigné, ce seront les milléniaux qui prendront la barre. Il est donc temps de les faire embarquer et de les équiper dès maintenant. 

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