Les gens qu’on dit « autistes » sont atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA), soit un trouble du développement caractérisé principalement par des difficultés dans les interactions sociales et la communication, verbale et non verbale. Les symptômes et manifestations du TSA varient grandement d’une personne à l’autre, d’où la notion de « spectre ». À l’extrémité haute du spectre, les cas d’autisme sont plus légers, tandis qu’à l’autre extrémité, les cas sont plus sévères.

insights for hiring employees on autism spectrum
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quel est l’impact d’un trouble du spectre de l’autisme sur l’employabilité?

Les gens atteints d’autisme léger peuvent généralement vaquer à leurs occupations quotidiennes comme n’importe qui d’autre, y compris l’occupation d’un emploi. Ils sont généralement très intelligents et compétents, bien qu’ils aient du mal à décoder des signaux en matière de sociabilité ou à s’adapter à de nouvelles situations. L’apprentissage et la pratique peuvent aider à alléger certaines de ces difficultés, mais il s’agit néanmoins d’une lutte permanente. Malheureusement, le sous-emploi est endémique dans la communauté autistique, et le manque d’habiletés sociales rend plus difficile l’obtention d’un emploi malgré des qualifications et des capacités.

Du côté des employeurs, l’embauche de gens atteints d’un TSA présente à la fois une opportunité et un défi. Par exemple, ces personnes deviennent souvent des spécialistes d’un sujet ou d’un domaine d’intérêt spécifique. Ils sont alors une ressource précieuse pour des emplois qui exigent un haut niveau d’expertise et de grandes connaissances, comme en TI ou en comptabilité. Cependant, moins doués pour les interactions sociales, ils sont moins faits pour des postes qui exigent de faire des présentations, d’accueillir une clientèle, de traiter avec des clients, ou qui nécessitent beaucoup d’interaction personnelle. Néanmoins, il est important de garder en tête que chaque personne atteinte d’un TSA est unique et qu’elle détient des compétences, des capacités et des exigences relatives à son milieu de travail.

  • Beaucoup de gens atteints d’un trouble du spectre de l’autisme sont sous-employés. Ceux qui sont touchés par un autisme à haut niveau de fonctionnement sont en général parfaitement capables et très intelligents, et ils évoluent lorsqu’on leur assigne le bon rôle. Ils peuvent cependant manquer d’habiletés sociales lors d’entrevues ou se buter à d’autres obstacles à l’emploi, même dans les domaines qui les intéressent et au niveau de compétences qu’ils ont.
  • Les handicaps mentaux ou « cachés » sont particulièrement difficiles à surmonter en milieu de travail. Lorsqu’un candidat ne se comporte pas comme s’y attend un gestionnaire d’embauche lors d’une entrevue, il est facilement étiqueté comme étant non qualifié ou inapte pour l’emploi, sans que le gestionnaire d’embauche se demande pourquoi son comportement est différent.
  • L’entrevue est difficile à maîtriser pour une personne atteinte d’un TSA, car elle repose grandement sur des habiletés sociales. La comparaison entre une personne atteinte d’un TSA et un candidat neurotypique est injuste si elle se base seulement sur les compétences sociales plutôt que sur les compétences sous-jacentes.
  •  Les milieux de travail soucieux des personnes atteintes d’un handicap se concentrent souvent sur le handicap physique. Ils ont tendance, de même que leurs processus d’entrevues, à accommoder les personnes handicapées physiques telles que les personnes à mobilité réduite, atteinte de cécité ou de surdité, etc. Le handicap mental, tel que les TSA, est moins souvent pris en compte.

pourquoi embaucher des employés autistiques?

Le fait d’embaucher des candidats atteints d’un TSA normalise la neurodiversité. Celle-ci fait référence aux variations dans la façon dont les gens pensent, socialisent, ressentent et apprennent. Il a été prouvé que le fait d’avoir des personnes qui abordent la résolution de problème et accomplissent leur travail de manière inédite au sein de votre équipe améliore les performances, un peu comme avoir des personnes de sexes, de provenances ethniques et de milieux différents.

Selon une recherche menée à Johns Hopkins, jusqu’à 1,85 % de la population présente des symptômes du spectre de l’autisme. Ce pourcentage a triplé depuis 2000. La portion de personnes neurodiverses au sein de la population est en augmentation. Beaucoup de gens faisant partie de cette catégorie sont parfaitement capables d’obtenir des emplois et d’apporter une contribution significative dans leur milieu de travail. Ils sont cependant souvent écartés parce que les employeurs ou les gestionnaires d’embauche sont incapables de percevoir leurs compétences et leurs qualifications au-delà de leur trouble.

En plus d’être la bonne chose à faire, il a été prouvé à maintes reprises que l’embauche de candidats divers renforce une équipe et les performances d’une entreprise. Les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme possèdent de solides dispositions pour un milieu de travail, tel que :

  • Intelligence – Les gens atteints d’un TSA relèvent ou surpassent généralement la moyenne des tests de QI. Ils sont très intelligents et capables d’apporter une précieuse contribution à leur milieu de travail.
     
  • Expertise - Les gens atteints d’un TSA se concentrent souvent sur un domaine qui les intéresse et développent une expertise approfondie dans ce domaine. Ils absorbent l’information comme une éponge et peuvent fournir une connaissance quasi encyclopédique par la suite. Les gens atteints d’un TSA choisissent fréquemment de travailler dans leur champ d’intérêt, faisant d’eux de vrais puits de connaissances dans leur matière. Dans les secteurs comme les TI, la finance, la recherche, l’ingénierie et la fabrication qui exigent des travailleurs de mémoriser une grande quantité de connaissances, de procédés ou de procédures, cette expertise approfondie peut s’avérer un gros plus.
     
  • Compétences générales – Bien que les gens atteints d’un TSA aient des habiletés sociales moins raffinées, ils compensent dans d’autres domaines. Communément, leurs compétences générales comprennent : l’habileté à se concentrer profondément sur une seule tâche, la fiabilité et la ponctualité, la persistance, la précision, le souci du détail, la détection d’erreurs et la facilité à mémoriser de l’information.
     
  • Factualité – Les gens atteints d’un TSA ont tendance à être très axés sur les faits et à s’en tenir au sens littéral. Ils s’appuient généralement sur des faits et des informations pour prendre des décisions et mener leur quotidien, plutôt que sur des émotions. Ceci les rend parfaitement adaptés à des rôles qui requièrent de l’objectivité.
     
  • Loyauté – Les gens atteints d’un TSA ont tendance à ne pas aimer le changement et se développent bien dans la routine. Ainsi, ils sont extrêmement loyaux, notamment auprès de leur employeur. S’ils sont bien traités et qu’ils bénéficient d’arrangements raisonnables pour leurs besoins et préférences, ils seront les plus fidèles et les plus constants des employés.

créer des descriptions de poste et des processus d’embauche plus accessibles

Afin de créer des processus d’embauche plus accessibles, il faut aborder les candidatures dans une perspective de neurodiversité. À quels défis ces candidats font-ils face au quotidien? Quels obstacles courants doivent-ils affronter? Il convient alors d’examiner comment soustraire ces obstacles du processus d’embauche pour le rendre plus équitable. Souvent, lorsqu’on effectue cet exercice, on rend le processus d’embauche plus solide et plus efficace pour tous, et pas seulement pour les personnes neurodiverses. Voici quelques premières étapes à franchir pour rendre un processus d’embauche plus accessible aux candidats atteints d’un TSA :

  • Être clair comme de l’eau de roche concernant ce que le travail implique
    Les gens atteints d’un TSA sont souvent très axés sur les détails et les faits. Ils aiment avoir le plus d’informations possible. Il convient donc de leur fournir le plus de renseignements possible à propos des exigences de l’emploi, de quoi aura l’air leur quotidien, et qu’est-ce qu’on attend d’eux. Leur fournir des renseignements sur les indicateurs clés de performance et sur la façon dont ils seront évalués peut également aider. Tentez d’inclure cette information dans les descriptions de poste et répétez-la au cours des entrevues.
     
  • Expliquer à quoi ressemble l’environnement de travail
    L’environnement de travail est souvent très important pour les gens atteints d’un TSA. Ils peuvent avoir des sensibilités au bruit ou aux stimuli dans leur environnement de travail immédiat et seront plus à l’aise dans un endroit tranquille ou isolé. Ils peuvent avoir du mal à s’adapter à un environnement bruyant ou à aire ouverte. Ainsi, être franc concernant l’environnement de travail dès le début du processus peut aider à cerner quels milieux de travail ne conviendraient pas. Une fois de plus, il est bon d’intégrer cette information dans la description de tâches et d’y revenir en cours d’entrevue.
     
  • Insister sur les compétences essentielles dans la description de tâches
    On doit focaliser sur les compétences indispensables dans la description de l’emploi. Fournir une liste d’épicerie des compétences souhaitées en plus des réelles exigences peut être confondant ou oppressant. Les gens atteints d’un TSA ont tendance à prendre les choses au pied de la lettre. Lorsqu’on nomme une exigence, ils vont la comprendre telle quelle, et peuvent ne pas poser leur candidature s’ils n’y répondent pas à 100 %. En règle générale, examiner de près ce qui est vraiment nécessaire pour le poste est une bonne pratique pour s’assurer de rejoindre un vaste bassin de candidats qualifiés.
     
  • Être clair et éviter le jargon
    Les gens atteints d’un TSA ne sont pas à l’aise avec le jargon et la langue des affaires. Il faut éviter l’argot du métier qui n’est pas compris par une personne moyenne qui travaille dans le domaine. Il faut être clair et s’exprimer le plus possible dans des termes simples. Non seulement cela rendra la description de l’emploi plus accessible aux gens atteints d’un TSA, mais c’est une pratique judicieuse pour assurer l’intelligibilité de la description en question.
     
  • Fournir des détails à chaque étape du processus
    Les gens atteints d’un TSA ont tendance à être plus à l’aise dans des situations qui leur sont familières ou auxquelles ils s’attendent. Ils peuvent être très hésitants au moment de saisir une occasion nouvelle, comme un nouvel emploi. Pour rendre le processus plus accommodant, on doit fournir des instructions détaillées et faire savoir aux candidats à quoi ils doivent s’attendre à chaque étape du processus d’entrevues et d’embauche. Par exemple, on peut leur fournir une liste des questions qui seront posées lors de l’entrevue, des indications sur la manière de se rendre sur les lieux de travail et sur ce qu’ils devraient faire en arrivant. Cela peut contribuer à rendre le processus moins accablant.
     

besoin de plus d’idées pour rendre un milieu de travail plus accessible à la neurodiversité des gens atteints d’un trouble du spectre de l’autisme? Surveillez la deuxième partie de cette série qui décrit comment adapter votre processus d’entrevues pour soutenir les gens atteints d’un TSA.