Chez Randstad, la diversité et l'inclusion sont des valeurs fondamentales. Sans aucun doute, celles-ci s'inscrivent dans le succès de notre organisation. L'un de nos principaux objectifs stratégiques est de rendre le monde du travail plus accessible aux membres de différentes communautés. Nous respectons, apprécions et accueillons la différence. Elle nous offrent des opportunités uniques d'apprendre, et surtout ; de soutenir l’inclusivité de ces communautés.

En tant que responsable des partenariats stratégiques et coprésidente de RISE (le comité de la diversité et de l'inclusion de Randstad), j'ai eu l'occasion d'entendre plusieurs histoires inspirantes. J’ai aussi eu la chance de participer activement au changement - et encore à ce jour. C’est avec conviction que je défends l’importance de partager des récits comme celui-ci ; moments phares vécus par des êtres humains comme vous et moi, ayant toutefois des antécédents différents des nôtres. Selon moi, il s’agit là d’un facteur clé de la construction et du maintien d'une société plus diversifiée et inclusive. 

L'histoire de Sydney a eu un impact majeur sur ma mes perspectives. Je suis reconnaissante d’avoir pu croiser son parcours, et de l’avoir soutenu dans l’accomplissement de sa vision. Aujourd’hui, c’est avec grand plaisir que je vous invite à lire son histoire.

Sydney photographiée en 2020.

ma rencontre avec sydney

C'est en 2017 que j'ai rencontré Sydney, récemment arrivé en tant que réfugié au Canada : un être pétillant, d’une positivité contagieuse. Même si je le savais réfugié - ce qui, par définition, signifie qu'il avait fait face à des difficultés, des sacrifices et d’innombrables pertes, je n'avais encore aucune idée de ce qu’il avait dû sacrifier seulement pour venir ici, pour être en sécurité. 

Alors qu’en ce moment, le monde se bat pour l'égalité, j'ai demandé à Sydney s'il était prêt à partager son histoire. Mon espoir dans ce geste est d'inspirer le plus de gens possible à aider son prochain, ou toute personne dans le besoin. Puissent mes mots vous inspirer de l'empathie envers les réfugiés au Canada, qui font face à des défis majeurs, pour posséder un certificat d’attestation de citoyenneté. 

l’arrivée au canada 

« Venir au Canada, pour moi, ce n'était pas un choix... en fait, ce n’était vraiment pas quelque chose que j'avais prévu », explique Sydney. En 2015, Sydney s'est retrouvé dans une situation qui a chamboulé sa vie. En raison des débats politiques actifs dans son pays d'origine ; le Zimbabwe, il a est alors forcé de fuir. « À partir de cet instant où j’ai fui, ce fût problème par-dessus problème. J’ai beaucoup de chance de toujours être en vie ». 

Laissant derrière lui sa femme, son fils de 2 ans et sa fille de 6 ans, il s'enfuit vers les États-Unis en tant que réfugié. Après y avoir vécu pendant environ 9 mois, on lui dit que de meilleures opportunités, notamment en termes d’emploi, l’attendent au Canada. En 2016, Sydney fait ses valises et part s’installer au Canada. 

Sans famille, ni ami, ni connaissance, il cherche alors désespérément du travail. Un homme, qui dirigeait sa propre entreprise, lui propose un poste de chauffeur. Malheureusement, cet homme profite du manque de connaissances de Sydney à propos du Canada et le paie d’un maigre 50 dollars pour le conduire jusqu'à Jasper (plus de 600 km). 

En lutte constante pour se trouver du travail, ainsi qu’un réseau de gens en qui il peut avoir confiance, Sydney atterrit dans un refuge à Edmonton, en Alberta. Sur place, il fait la rencontre d’une personne qui lui offre un emploi chez un nettoyeur. Payé sous la table, il gagne à l’époque 10 dollars de l'heure et travaille 7 jours sur 7. 

À noter : en 2016, le salaire minimum en Alberta était de 12,20 dollars, et les employés de l'État ont droit à un minimum d'un jour de repos par semaine.  

Pendant ce temps, au Zimbabwe, la femme et les enfants de Sydney dépendent de lui pour payer le loyer, les vêtements, la nourriture et les factures médicales. La femme de Sydney, se voyant sans travail, compte entièrement sur sa réussite, à l'autre bout du monde. 

« En fait, pendant ce moment-là, je vis clairement deux vies », explique Sydney. « Toutes les factures de frais fixes, et tout ce que j'avais, je devais le payer en double pour ma famille ». À 10 dollars de l'heure, Sydney fait ce qu'il peut, tout en vivant dans les foyers. Ce n'est qu'en 2017 que Sydney a pu louer un petit appartement d'une pièce. 

trouver un emploi stable au canada

Sachant qu'il avait besoin de plus, Sydney postule constamment pour des emplois en ligne. Un jour, il reçoit un appel de Randstad. Je me souviens encore du moment où il est venu dans notre bureau pour son entretien. Il était si heureux, si gentil et si amical. Le processus d'entretien et d'offre d'emploi s'est déroulé à merveille. 

Lorsque je lui ai demandé comment son expérience avec Randstad l'avait affecté, il m'a répondu « Tout a changé quand j'ai commencé à travailler pour Randstad ».

À partir de ce moment, Sydney occupe un poste de nettoyeur dans une grande entreprise de distribution. Il devient rapidement l'un des travailleurs les plus acharnés que nous ayons rencontrés! Après quelques mois de travail seulement, nous commençons à envisager de le faire travailler à plein temps. Cependant, l'entreprise nous a fait savoir qu’en raison de son statut de réfugié, ce n'était pas possible. Nous avons donc dû, non sans peine, nous séparer de Sydney, qui avait alors trouvé un emploi dans l’organisation par ses propres moyens. 

Sydney grimpe rapidement au rôle de superviseur de la nouvelle construction. Cependant, ce projet est à contrat et prend fin au bout d'un peu moins d'un an. Au lieu d'attendre un autre contrat, Sydney revient vers Randstad. 

C'est ainsi qu'en 2019, Sydney recommence à travailler pour nous. À nouveau, il est reconnu comme l'une des personnes les plus travaillantes et sympathiques à travailler pour nous. J'ai alors demandé à son superviseur comment c’était de travailler avec Sydney. Il m’a répondu ceci :

« Pendant tout ce temps passé avec nous, Sydney a été un employé fantastique, faisant preuve d'une excellente éthique de travail. Toujours prêt à apprendre et à aider dans toutes les tâches qui lui étaient confiées, Sydney comprend vite et suit les instructions de travail comme à la perfection. Il a commencé comme aide sur nos quais de chargement. Lorsque nous avons (malheureusement) dû libérer nos employés de Randstad, il était entièrement - ou partiellement - formé à l'utilisation sécuritaire de plus de la moitié des équipements de notre département de fabrication ».

« Sur un plan plus personnel, Sydney a toujours eu une attitude positive et amicale. Il est très avenant. Tous ceux qui travaillent avec lui l’apprécient. C’est en travaillant avec Sydney que j’ai appris à le connaître, lui, son passé, sa situation familiale, ainsi que son implication en tant que bénévole ». 

des mesures de sécurité s’interposent

Tout en travaillant pour subvenir aux besoins d'une famille à l'étranger, en essayant de se bâtir une vie au Canada, Sydney remplit ses papiers d’immigration. Il est sur le point d'obtenir sa résidence permanente, pour enfin permettre à sa famille de venir le rejoindre.

Cependant, en décembre 2019, la sécurité des frontières intervient. Les responsables de l’escouade suspectent en Sydney une menace pour la sécurité du Canada. Pourquoi? Parce que lorsqu’il était enfant, Sydney bénéficiait financièrement de l'appartenance de sa mère à un parti politique que le Canada considère comme une menace potentielle. « Chez nous, il y a un parti politique » nous a expliqué Sydney, « un parti populaire. La sécurité canadienne croit que ce parti s’engage dans des pratiques d’écoterrorisme. Toutefois, ma mère est une libératrice de guerre : tout comme ceux et celles ayant formé ce parti ».

Plus jeune, il avait droit à l'éducation et à une couverture médicale, parce que sa mère était une ancienne combattante. Le gouvernement canadien croit, à défaut, que Sydney fait partie de ce groupe politique. Tout a donc été suspendu en attendant une enquête complète. Face au risque d'expulsion, Sydney a été obligé d'engager un avocat. Bien qu'il travaille déjà, son salaire actuel était loin de couvrir 12 000 $ demandés. Sydney se voit donc créer une entreprise de réparation de voitures, afin de couvrir les frais supplémentaires. 

se battre pour rester au canada

Sydney a deux emplois et paie toujours tout en double, en défendant son droit de rester au Canada, là où il est en sécurité. Ce n'est qu'en février 2020 qu'il gagne son procès. Il doit ensuite attendre le verdict du ministre, à savoir si ce dernier accepte ou rejette la décision.  C'est ainsi que son permis de travail expire. En mars 2020, Sydney se voit dans l'incapacité de travailler. La pandémie COVID-19 a provoqué une baisse extrême des possibilités d'emploi. Pourtant, Sydney doit continuer à payer pour deux vies, et à se battre pour son droit de rester au Canada. 

Lorsque Sydney complète sa demande de visa de travail, on lui dit qu'il doit maintenant attendre deux ans de plus avant d'obtenir sa résidence permanente. Sydney a quitté sa famille en 2015. Ce qui veut dire que 8 ans se seront écoulés entre le moment où il a vu sa famille pour la dernière fois, et la prochaine fois qu’il pourra les voir.  Les enregistrements vocaux qu’ils s’échangent sont le seul moyen permettant à Sydney et sa famille de rester en contact.

où se trouve sydney maintenant?

Tout au long de parcours ponctué d’obstacles éprouvants, Sydney est resté positif. Il dit avoir trouvé de nouveaux amis, qu’il considère d’ailleurs aujourd’hui comme étant sa famille. À ce jour, les amitiés nouées grâce à ses fonctions au sein de Randstad restent solides. Sydney et ses amis se réunissent régulièrement le week-end. Cet homme humble, courageux et persévérant attribue une grande partie de son succès au Canada à sa collaboration avec Randstad.

« C'est au moment où j’ai commencé à travailler pour vous que j’ai pu surmonter les nombreuses difficultés attribuables à l’argent. Un grand sentiment de sécurité m’a alors habité : je pouvais enfin travailler et bénéficier d’un revenu stable. Tout a changé à partir de ce moment précis. Randstad a joué un rôle plus qu’important dans ma vie, ainsi que dans cette période où j’avais plus que jamais besoin d’un support financier et moral ».

Si Sydney est reconnaissant de ce que Randstad a pu faire pour lui, nous le sommes tout autant de tout ce qu’il nous a apporté, sur un plan plus humain. Il nous a enseigné, par l’exemple, la réelle valeur de l’attitude positive, le sens de la gratitude et surtout : la richesse qu’apporte toute forme de persévérance. Cet homme est un survivant, un battant, un leader : jamais il n’a demandé quelconque forme de reconnaissance ou de récompense. Être accepté pour ce qu’il est, être traité avec respect et surtout : serrer sa femme et ses enfants dans ses bras restaient ses requêtes ultimes, pour lesquelles il a continué de se battre. 

Tous ceux qui croisent son chemin et apprennent à le connaître le savent, tôt ou tard : Sydney est une personne qui vous inspire comme nul autre.

A propos de l'auteur
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Jessica Grogan

responsable des partenariats stratégiques

En tant que responsable des partenariats stratégiques, Jessica travaille avec des organisations communautaires, des associations à but non lucratif, des institutions d'enseignement, ainsi qu’avec des communautés et des organisations autochtones. Jessica aide les demandeurs d'emploi à surmonter les obstacles auxquels ils font face, pour passer à l'étape suivante avec résilience. Elle a pour mission d’informer les gens face sur l'importance de l'éducation et du bénévolat dans le cadre du développement et l'innovation communautaires. Actuellement, Jessica est membre du conseil d'engagement communautaire des entreprises de Bénévoles Canada pour Randstad, et coprésidente du groupe de ressources en Diversité et Inclusion (D&I) de Randstad (RISE). Elle y apporte ses compétences en matière de leadership et ses connaissances en matière de D&I aux employés qui s'engagent en faveur de l'inclusion chez Randstad.