le boom technologique au Canada va-t-il durer?

L’an dernier, le marché de l’emploi dans le domaine des technologies à Toronto a été celui qui a connu la croissance la plus rapide au pays avec une augmentation de 14 % par rapport à l’année précédente (ce qui signifie que 28 900 nouveaux emplois ont fait leur apparition sur le marché dans ce domaine) et une augmentation incroyable de 52 % par rapport aux cinq années précédentes. Au cours des dernières années, dont tout particulièrement depuis l’arrivée de l’administration Trump aux États-Unis, Toronto et le Canada de façon générale, ont suscité de plus en plus d’attrait auprès des sociétés de technologie désireuses d’installer leur siège social et leurs activités dans un pays à la fois diversifié et inclusif où l’on présente un gouvernement et une économie stables, ainsi que des politiques sensées en matière d’immigration.

le boom technologique au Canada durera-t-il?

l’augmentation du nombre d’emplois entraîne la concurrence dans le domaine du logement

L’afflux de travailleurs dans le domaine des technologies s’accompagne de répercussions profondes au sein des communautés où ils s’établissent. En août, le prix moyen des maisons unifamiliales à Toronto atteignait 1 244 275 $, en hausse de près de 17 % par à l’année précédente. Alors qu’on prédit une baisse possible du prix des logements à Toronto, comme ce fut le cas à Vancouver, certains secteurs, comme le centre-ville et les maisons situées à proximité des lignes de transport en commun préserveront leur valeur.  Le marché immobilier dans la RGT est présentement favorable aux vendeurs. Le nombre d’inscriptions est à la baisse et les gens qui vendent disposent d’options limitées lorsque vient le temps d’acheter. Les nouveaux ensembles résidentiels en chantier sont également en baisse, alors que les condos sont maintenant conçus uniquement pour accueillir des familles. Les baby-boomers qui partent pour la retraite occupent leurs domiciles plus longtemps, et ce, non seulement en vue de les refiler possiblement à leurs enfants, mais parce que peu d’options s’offrent aux gens qui désirent emménager dans un endroit plus petit.

Qu’advient-il lorsque les nouvelles entreprises en démarrage et les entreprises prospères, telle Amazon, viennent s’installer? Toronto apparaît sur la courte liste des 20 villes dans lesquelles Amazon envisage d’installer un deuxième siège social en Amérique du Nord. Pour quelle raison y a-t-il une course aux enchères? L’entreprise prévoit investir plus de 5 milliards de dollars dans la construction et embaucher jusqu’à 50 000 travailleurs bien rémunérés. Le boom qu’on prévoit au niveau de l’emploi se traduira probablement par une augmentation du prix des logements, en particulier dans les secteurs les plus rapprochés de l’entreprise. En raison d’un tel volume d’emplois bien rémunérés, les travailleurs seront mieux en mesure de se permettre des loyers élevés et des habitations plus dispendieuses, rendant ainsi le marché inaccessible aux gens qui gagnent un salaire moins élevé. Ces employés, qui viendront s’ajouter à la main-d'oeuvre actuelle, entraîneront la construction d’habitations plus créatives, puisqu’il y a une chose que la croissance exponentielle ne peut apporter et ce sont ces terrains sur lesquels on pourrait établir de nouvelles communautés. Ne soyez pas étonné de voir les écoles publiques s’installer sur les nombreux étages de ces nouveaux édifices en hauteur.

impact sur l’investissement et la croissance économique

Le siège social principal d’Amazon, qui se trouve à Seattle, regroupe 33 édifices sur une superficie de 8,1 millions de pieds carrés, alors qu’on y embauche plus de 40 000 personnes. Amazon déclare que les investissements qu’elle a réalisés à cet endroit entre 2010 et 2016 ont donné lieu à l’injection de 38 milliards de dollars dans l’économie de Seattle. Ceci étant dit, ‘l’effet Amazon’ s’est rapidement fait sentir dans la ville, alors que les prix des loyers ont connu une hausse dramatique et que le logement est devenu rapidement victime de l’inflation. Sur un plan plus positif, après qu’Amazon se soit installée à Seattle, d’autres entreprises de haute technologie, telles Facebook et Google, ont emboîté le pas. La lutte pour recruter les meilleurs talents a donné lieu à un marché de chercheurs d'emploi où les meilleurs spécialistes dans le domaine des technologies ont été en mesure de demander – et d’obtenir – les salaires les plus élevés. Lorsqu’Amazon s’est installée à Vancouver, augmentant ainsi de 3 000 le nombre d’emplois à cet endroit, cette décision a également eu pour effet d’attirer d’autres entreprises de haute technologie dans cette ville.

Les communautés subissent au niveau des ressources et des infrastructures un effet d’entraînement proportionnel à la distance qui les sépare des entreprises de haute technologie. Des dizaines de milliers de nouveaux emplois représentent tout un avantage, sauf lorsqu’on se demande où ces nouveaux travailleurs habiteront et comment ils se rendront au travail pour ensuite retourner à la maison. De quelle façon ces travailleurs et les quartiers où ils habiteront parviendront-ils à composer avec un réseau de circulation désuet et déjà congestionné? À quel endroit leurs enfants fréquenteront-ils l’école et la garderie? Quelles ressources trouveront-ils à leur disposition en matière de soins de santé? Quels seront les effets à long terme du coût plus élevé des aliments, des divertissements et des activités culturelles sur la communauté en général? Quel sera l’impact au niveau des infrastructures qui n’ont jamais été conçues pour faire face à une augmentation de leur fardeau?

nous dirigeons-nous vers une pénurie inévitable de travailleurs dans le domaine des technologies?

D’après IT World Canada, notre pays se dirige d’ici les 5 prochaines années vers une pénurie majeure de talents dans le domaine des technologies. D’ici l’an prochain seulement, on devra recruter 182 000 personnes pour doter les postes de TIC nouveaux et vacants au pays. En raison de la pénurie de talents formés chez nous, les entreprises de haute technologie de toutes tailles se mettront à la recherche de spécialistes formés à l'étranger pour combler ce manque à gagner. Dans la plupart des cas, ces sociétés, avec l’aide du fédéral et des provinces, devront élaborer des programmes de transition pour former les Canadiens et leur permettre d’acquérir une expérience de travail afin de permettre aux nouveaux-venus qui sont des chercheurs d'emploi de dénicher un travail à la hauteur de leurs compétences et de leurs qualifications. Ces nouveaux Canadiens devront se trouver une résidence, utiliser un moyen de transport et des soins de santé – autrement dit, tout ce qui contribue à la qualité de vie.

 

Comme dans toute autre chose, il existe un bon côté et ce sont les avantages évidents qu’en tireront les travailleurs et leurs communautés au sein desquelles les entreprises de  haute technologie viendront s’installer. Le défi consistera à élaborer des stratégies permettant de prévoir les éventuels problèmes et de planifier en conséquence avant qu’ils ne surviennent afin d’atténuer ainsi l’impact continu de la croissance technologique. De cette façon, nous pourrons tous profiter de la prospérité qui accompagnera cette croissance.

A propos de l'auteur

Kristen Smalley - Gestionnaire de Contenu

Étant quelqu'un qui croit fermement que la variété est le piment de la vie, le marketing de contenu a été un cheminement de carrière complètement naturel pour moi. Chaque jour apporte une nouvelle chance de penser de façon créative et d’en apprendre davantage sur de nouveaux sujets passionnants. Que ce soit pour le traitement des contenus sur les tendances de l'emploi, la manière de traiter les questions d'entrevue difficiles, ou de sécurité sur le lieu de travail, il y a toujours des sujets intéressants qui attendent d'être explorés dans le monde du travail!

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