8 idées pour améliorer nos milieux de travail, inspirées par les femmes

Par l’entremise du programme Les femmes qui transforment le monde du travail, nous avons eu le plaisir d’échanger avec un groupe diversifié de femmes provenant des quatre coins du Canada. En réunissant des dizaines de voix féminines influentes pour discuter de changements et d’innovation en milieu de travail, nous avons recueilli une foule de commentaires et d’opinions sur les attentes des femmes en ce qui concerne le milieu de travail. Voici quelques-unes des idées qui sont ressorties le plus souvent lors de nos diverses tables rondes et discussions avec les femmes.

comment transformer le monde du travail, selon les femmes

1. une plus grande flexibilité

Un sujet qui revient sans cesse lorsque l’on parle aux femmes de leur milieu de travail idéal est le besoin de plus de flexibilité. Les femmes portent souvent plusieurs chapeaux au travail et à la maison. Une plus grande flexibilité leur permet de concilier leurs nombreuses responsabilités. Les milieux de travail traditionnels adhèrent à des horaires rigides avec la conviction qu’un horaire de travail de 9 à 5 est plus productif en raison de son caractère prévisible. La majorité des femmes ne sont pas de cet avis. Elles ont fait valoir que de petits changements pour favoriser une plus grande flexibilité, comme le fait de pouvoir arriver plus tôt pour partir plus tôt, leur permettaient d’aller chercher leurs enfants, de suivre un cours de gym ou tout simplement de mener une vie plus productive et plus saine. Elles ont la ferme conviction que la flexibilité leur permet d’être de meilleures employées et leaders. Lorsqu’elles sont libres de choisir leur emploi du temps, elles peuvent en faire bon usage pour mener une vie plus saine, plus heureuse et finalement plus productive.

2. donner l’exemple

Le leadership par l’exemple plutôt que par la parole a été considéré comme une stratégie de leadership efficace, en particulier pour les femmes. En tant que leader, vous êtes un élément déterminant lorsqu’il s’agit d’établir le ton et l’atmosphère de votre milieu de travail. Joignez le geste à la parole pour donner l’exemple de comportements positifs. Un exemple puissant est ressorti de notre groupe de discussion à Toronto : une femme qui occupait un poste de haute direction a amené son enfant malade au travail avec elle. Les employés de son équipe ont été surpris. Ils ne savaient pas qu’amener un enfant au travail était une option acceptable. Il ne leur était jamais venu à l’esprit que c’était aussi possible pour eux de le faire. Le fait de donner l’exemple du comportement et de le rendre acceptable a entraîné un changement de culture et a permis de faire comprendre aux employés de quelle manière ils peuvent concilier leurs propres enjeux liés à la garde d’enfants.

3. redéfinir ce que signifie « être qualifié »

L’idée que pour être qualifié, un employé doit remplir certains critères précis est souvent un obstacle inutile au changement et à l’innovation. Les plus grands freins sont, entre autres, la nécessité d’avoir un certain nombre d’années d’expérience ou des antécédents dans un poste de direction. Aucun de ces critères ne constitue nécessairement un indicateur d’un leader qualifié. Les femmes ont traditionnellement plus de difficultés à obtenir des rôles de gestion, de sorte qu’utiliser le manque d’expérience comme raison pour ne pas donner une chance aux femmes crée un cercle vicieux. Pour stimuler l’innovation et promouvoir différentes façons de penser, nous devons encourager la diversité des points de vue et établir les compétences et le niveau d’expérience réellement nécessaires pour réussir dans un poste donné.

4. favoriser la rétroaction bidirectionnelle

Une boucle de rétroaction constante facilite la communication entre les employés et les gestionnaires et assure que tous sont sur la même longueur d’onde. La rétroaction devrait être bidirectionnelle et consister en une conversation plutôt qu’en une rétroaction à sens unique comme dans le cas d’une évaluation du rendement. Les conversations ouvertes profitent à la fois aux employés sur le terrain qui sont en mesure de faire part de leurs préoccupations et aux leaders qui auront une vision plus complète de ce qui se passe dans leur milieu de travail. Certaines femmes estiment que la tenue de réunions trimestrielles permet de trouver un bon équilibre entre la supervision des employés et la liberté de faire leur travail. D’autres préfèrent des réunions plus fréquentes, par exemple hebdomadaires ou mensuelles. Mais la nécessité d’une communication ouverte a été universellement reconnue pour aider les femmes à faire face aux enjeux de leur travail. Une politique de la porte ouverte pour les leaders a également été soulevée comme un autre moyen de favoriser une culture de rétroaction.

5. combiner les objectifs à court et à long terme

Il faut permettre aux femmes de travailler à la fois sur des objectifs à court et à long terme. Souvent, les employés se fixent des objectifs à court terme qui servent à mesurer la productivité quotidienne. Bien que la plupart des organisations n’aient aucun problème à assigner des objectifs à court terme aux femmes, les objectifs à long terme devraient également être pris en compte. Il faut donner aux femmes la liberté d’apporter des changements réels en travaillant sur des projets d’envergure en plus d’accomplir leurs tâches quotidiennes. C’est dans les projets à long terme que s’opèrent les changements transformationnels. Il est important de faire participer les femmes à ces projets stratégiques qui peuvent se prolonger pendant des mois, voire des années. Ce sont ces projets qui façonneront l’avenir. Il est important d’avoir des points de vue diversifiés, y compris ceux des femmes, pour créer des produits et des services qui conviennent à tous.

6. prendre des décisions d’embauche basées sur les données

Les données indiquent que les équipes diversifiées qui reflètent la société (sur le plan du sexe et de la race) sont plus novatrices et plus performantes. Certaines statistiques font état de rendements financiers jusqu’à 35 % plus élevés. Lorsque votre équipe est à l’image de votre marché cible, vous devenez plus productif, plus apte à répondre aux besoins de chacun et plus performant sur le plan financier. Il est temps de mettre de côté l’intuition dans le processus d’embauche. Le recrutement intuitif nous amène souvent à embaucher des personnes qui se fondent dans le moule précis de ce à quoi nous croyons que le succès devrait ressembler (ou encore qui nous ressemblent). Nous avons constaté ce phénomène dans des entreprises de technologie un peu partout dans le monde et les choses ne se sont pas bien terminées. Un grand nombre de ces entreprises sont confrontées à des crises d’identité culturelle marquées par le sexisme et la discrimination, en raison d’une approche unilatérale.

7. faire tomber les préjugés sexistes

Il existe de nombreuses idées préconçues sur les femmes et sur ce dont elles sont capables. Traditionnellement, les femmes ont été associées à des rôles où elles peuvent prendre soin des autres, comme l’enseignement ou les soins infirmiers. Les domaines liés aux STGM, en revanche, ont tendance à être associés aux hommes. Certaines femmes qui travaillent dans le secteur de la technologie ont mentionné que les hommes étaient souvent surpris de leur habileté à discuter avec confiance de sujets technologiques. Le simple fait de discuter de leur travail et de leur domaine d’expertise, ou de mentionner des termes comme SaaS (software as a service ou logiciel-service) ou IdO (internet des objets) les surprend souvent. Modifier le discours sur ce dont les femmes sont capables n’est pas seulement une question de mots. Il s’agit de rompre avec nos idées préconçues et nos préjugés. Les femmes ne devraient pas avoir à entamer la conversation avec l’impression qu’elles ont un pas de retard, alors qu’elles sont tout aussi compétentes.

8. cesser de considérer le féminisme défavorablement

Lorsque le mot féminisme est évoqué, les opinions et les émotions sont souvent fortes. Le mot est lourd de sens et aussi bien les hommes que les femmes hésitent souvent à l’utiliser. Cependant, le féminisme repose sur un concept simple : la croyance que les hommes et les femmes devraient être égaux. Si vous évoquez le concept que les femmes devraient être égales aux hommes, la plupart des gens seraient entièrement d’accord. Alors pourquoi le mot féminisme est-il si controversé? Il est temps d’arrêter de traiter les femmes qui se disent féministes et qui demandent l’égalité comme si elles étaient difficiles ou comme si elles détestaient les hommes. Il n’y a rien de mal à vouloir accéder à l’égalité des chances.

vous aimeriez avoir accès à plus de contenu axé sur l’expérience des femmes en milieu de travail et sur la façon dont nous pouvons apporter des changements ensemble?

consultez les femmes qui transforment le monde du travail