les femmes au travail : une évolution ? 

Le 10 mars était la Journée internationale des femmes, qui souligne la participation des femmes au marché du travail et leur contribution dans le monde en général. Cette journée représente l'occasion d'éduquer une nouvelle génération de jeunes - hommes et femmes - anxieux d'avoir leur part du gâteau dans le monde du travail.

Cette année, la Journée internationale des femmes a retenu l'attention plus qu'à l'habitude grâce à la visibilité accrue qu'ont suscitée les protestations généralisées qui s'adressaient au président américain Donald Trump et à son administration, ainsi qu'à la reconnaissance retentissante d'entreprises de partout sur la planète, incluant State Street Global Advisors, que se tenaient derrière la statue de la « fille audacieuse » faisant face au célèbre taureau de Wall Street.

Même si les femmes ont réalisé des avancées considérables sur le marché du travail, il reste encore fort à faire et bien des progrès à réaliser. La Journée internationale des femmes représente aussi l'occasion idéale pour se rappeler les femmes novatrices et pour rendre hommage à leur périple à travers l'histoire tout en reconnaissant que nous avons encore un long chemin à parcourir.

Elle est loin l'époque où l'on voyait les femmes au travail comme étant « meilleures que deux hommes dans bien des cas tout en coûtant deux fois moins », comme on pouvait le constater dans l'industrie de la pêche au Labrador.1 En réalité, à tout le moins aux tout débuts de la vie professionnelle, on voyait la main-d'œuvre féminine comme une option abordable et remplaçable. Ainsi, est-il surprenant que les anciennes notions au sujet du 'travail des femmes' soient toujours valides dans bien des endroits comme un préjugé inné et qu'elles demeurent solidement intégrées à notre ADN de travailleur?

les femmes au travail

le « travail des femmes » sur le plan domestique

Parmi les dix principaux métiers qui, d'après le ministère du Travail, s'adressaient aux femmes au 19e et au début du 20e siècles, près de la moitié des emplois rémunérés réservés aux femmes concernaient les services domestiques, ce qui était logique (à l'époque), puisqu'elles travaillaient à la maison. Il s'agissait d'un travail difficile, désagréable, assorti de peu de congés et réalisé dans des conditions pitoyables, alors qu'on leur réservait le pire des traitements. Les femmes habitaient fréquemment au grenier ou au sous-sol de leurs employeurs. Il est compréhensible que les femmes aient vu d'un œil favorable la disponibilité croissante de nouveaux emplois dans les usines, les ateliers et les bureaux, et ce, même si elles y gagnaient moins de la moitié du salaire des hommes occupant des postes comparables.

L'accès à des professions, comme les sciences infirmières et l'enseignement, représentait un prolongement des travaux domestiques et du rôle de soignante même si on considérait ce travail comme étant inférieur et si les femmes étaient forcées d'abandonner leurs carrières dans ces domaines au moment de se marier pour ainsi préserver le statu quo social de l'homme en tant que soutien de famille et le rôle de la femme en tant que ménagère.

l'arrivée des emplois dans l'industrie dans les années 1800

Vers la fin des années 1800, les industries du textile et du vêtement étaient les deuxièmes employeurs en importance des femmes qui devaient, une fois de plus, composer avec de longues heures de travail, une faible rémunération et des conditions de travail pitoyables. Lorsqu'elles furent en mesure de s'organiser, les femmes se sont affirmées, par exemple, lors de la première grève des annales alors qu'elles revendiquaient la semaine de travail de 55 heures à l'usine de tapis de Toronto en 1902

Alors que leurs nombres augmentaient, les femmes ont déclenché des grèves, mené des actions sur le plan professionnel, obligé les conseils municipaux de partout au Canada à élaborer des lois dans le but d'améliorer les conditions de travail et d'offrir un traitement et une rémunération plus équitables. En fait, La Commission des accidentés du travail, même si elle s'adressait aux 'travailleurs', est née du travail dangereux et des actions menées par les téléphonistes.

la première guerre mondiale modifie la façon de voir les travailleuses

Plusieurs voient la Première Guerre mondiale comme un tournant décisif dans l'histoire du travail des femmes, puisque c'est alors qu'elles sont entrées sur le marché du travail pour remplacer les hommes qui s'étaient enrôlés. Ce n'était pas la même vague d'emplois à laquelle on a assisté au cours de la Seconde Guerre mondiale, mais elle suffisait à modifier la dynamique du travail à compter de ce moment, et ce, même si on encourageait les femmes - et, dans certains cas, la loi les obligeait - à reprendre leur place dans la cuisine une fois la guerre terminée.

Les temps étaient définitivement en train de changer au cours de la première moitié du 20e siècle avec le mouvement des suffragettes cherchant à obtenir le droit de vote pour les femmes et la Grande Crise des années 1930, provoquée par l'effondrement du marché des actions en 1929. Cette année-là, on reconnaissait enfin les femmes canadiennes comme des 'personnes' en vertu de la loi. La guerre imminente en Europe donnait lieu à une demande considérable de main-d'œuvre, alors que s'enrôlaient plusieurs hommes et que la demande de produits en vue de l'effort de guerre augmentait. À l'époque où la guerre prit fin, plusieurs femmes ont refusé l'invitation à retourner au foyer pour conserver leur emploi, et ce, même si leur présence entraîna des changements culturels et sociaux profonds en plus d'obliger les gouvernements et les syndicats à revoir leurs mandats.

lents progrès depuis les années 1950 jusqu'à aujourd'hui

Les années 1950 ont été le théâtre d'une expansion économique rapide, ainsi que d'une production et d'une disponibilité accrues de biens, de services de santé et d'éducation. Les nouveaux produits et services et le besoin de les faire connaître et de les offrir ont donné lieu à de nouvelles possibilités pour les femmes. Le désir de contribuer à la qualité de vie de leurs familles a poussé de nombreuses femmes sur le marché du travail. Leurs nombres continuent d'augmenter. En 2014, Statistiques Canada estimait que plus de 47 % de la main-d'œuvre était composée de femmes. Alors que ces dernières doivent toucher un revenu, celui-ci se trouve encore de nos jours à un niveau gênant en dessous de celui de leurs collègues masculins. Et même si la situation s'est améliorée, la part du lion des tâches domestiques et des soins incombe toujours aux femmes, même si elles partagent certaines responsabilités avec un conjoint.

Le changement tarde à venir. Il commence par l' évolution d'une vision monolithique axée sur le rôle des sexes dans ce qui constitue le travail des hommes et des femmes. En plus des changements d'attitude, on doit pouvoir compter sur une nouvelle loi afin de créer des structures sociales, économiques et politiques qui témoignent plus fidèlement du monde dans lequel nous vivons. La nature du travail en soi évolue vers un modèle non traditionnel où se rencontrent des travailleurs à temps partiel, à contrat, virtuels, occasionnels, consultants et à la pige. Il reste maintenant à voir si ces modèles sont sexistes ou non.

En raison du coût de la vie qui est si élevé au Canada, peu de familles peuvent loger, vêtir, alimenter et instruire leurs familles avec un seul revenu. Alors que le rôle des deux sexes était respecté à la lettre et surveillé au début du siècle dernier, et ce, malgré un phénomène historique bizarre, un nouveau paradigme s'applique en ce siècle. Les femmes pourraient ne jamais retourner dans la cuisine à moins que telle ne soit leur décision.

vous aimeriez mettre davantage les femmes de l'avant dans votre milieu de travail ? 

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