les attentes des femmes dans un monde du travail post-pandémique. 

Il est indéniable que la pandémie a bouleversé le monde du travail partout dans le pays. Du jour au lendemain, des millions de travailleurs ont été forcés de passer au travail à distance. D’autres ont été confrontés aux mises à pied, aux fermetures, aux horaires réduits ou à la perte de leur emploi.

Les travailleurs essentiels, d’un autre côté, ont dû continuer à travailler pendant la durée entière de la pandémie, beaucoup d'entre eux faisant des heures supplémentaires ou travaillant dans des conditions stressantes afin de répondre aux demandes de production.

La vie personnelle de ces travailleurs a été également affectée, car beaucoup d'entre eux ont dû lutter lutter contre la maladie, se mettre en quarantaine, faire l’école à la maison, chercher d’autres services de garde pour leurs enfants plus jeunes et s’occuper de leurs parents âgés.

Dans ces conditions, la capacité de maintenir un équilibre sain entre travail et vie personnelle est devenue presque impossible dans la mesure où les frontières se sont brouillées entre responsabilités familiales et professionnelles.

Cela prendra des années avant que toutes les répercussions de la COVID-19 sur les travailleurs, en particulier les travailleurs féminins, soient connues. Il est important, cependant, de réfléchir sur l’effet des conditions de travail sur les femmes pendant la pandémie et sur ce que réserve l’avenir pour les femmes dans une population active post-pandémique.

la réaction des employeurs face à la pandémie

La bonne nouvelle est que les travailleuses pensent que leurs employeurs, pour la plupart, ont fait un effort concerté pour leur permettre de vivre une expérience positive pendant la pandémie.

D’après notre récente étude réalisée en partenariat avec Ipsos, plus de la moitié de ces travailleuses (54%) ont senti que leurs employeurs ont fait tout leur possible pour garder les salaires et avantages inchangés pendant la pandémie, et 52% pensent que leurs employeurs ont très bien montré leur confiance en leur capacité d’accomplir leur travail même à distance.

Cependant, près de deux travailleuses canadiennes sur cinq pensent que leur employeur n'a pas réussi, totalement ou partiellement, à fournir les outils et les équipements nécessaires au travail à distance et à offrir la flexibilité dont elles avaient besoin pour maintenir un équilibre sain entre travail et vie personnelle. Une travailleuse sur quatre estime que son employeur n’a pas fait preuve d’assez d’empathie ou d’encouragement personnel.

Bien que les employeurs auraient pu mieux faire, en général, ils ont pris des mesures sans précédent afin de subvenir aux besoins de leurs employés, surtout quand on considère que la plupart des organisations n’étaient pas préparées à une urgence de la dimension d’une pandémie mondiale.

De plus, la pandémie en elle-même a peut-être causé en partie la déconnexion entre employeurs et employés. Par exemple, le sentiment de manque d’empathie et de soutien pourrait être partiellement dû à l’impossibilité des communications en face-à-face.

Avec la stabilisation du marché et la réouverture des lieux de travail, les employés sont anxieux de savoir si leurs employeurs sont prêts à offrir maintenant le même niveau de soutien vu pendant la pandémie.

les femmes dans le monde du travail post-pandémique

Il y a encore une certaine incertitude en ce qui a trait à la physionomie du monde du travail post-pandémique pour les travailleuses. En fait, 18% des femmes que nous avons interrogées déclarent n’avoir aucune idée de leur futur modèle de travail et qu’une décision définitive n’a encore été prise.

Cependant, parmi les femmes qui savent quelles sont les futures attentes de la compagnie:

  • 32% indiquent qu’elles doivent retourner au bureau à plein temps ou presque à plein temps,
  • 28% retourneront au bureau seulement deux à trois fois par semaine
  • 17% disent qu’on ne leur a pas demandé de retourner au lieu de travail de façon permanente

Une autre bonne nouvelle est que les attentes personnelles des employés s’alignent bien sur celles de leurs employeurs. D'après notre enquête, un tiers des travailleuses doit retourner au bureau à plein temps, alors qu’un autre tiers s'attend à retourner au bureau plusieurs fois par semaine. D’un autre côté, 17% pensent qu’il est peu probable qu'elles retournent au bureau et 12% ne savent pas encore. Heureusement, seulement 5% ont dit qu’elles quitteraient leur emploi si elles ne pouvaient continuer à travailler à distance.

L’un des aspects les plus alarmants des résultats de notre enquête est le sentiment général parmi la majorité des travailleuses que leurs employeurs n’ont pas confiance en leur capacité de continuer à travailler à distance. En fait, seulement la moitié des femmes que nous avons interrogées ont pensé que leurs employeurs auraient confiance en leur capacité à rester productives tout en travaillant à distance de façon permanente ou flexible. Ce qui n’est pas le cas d’une femme sur cinq au Canada qui pense que son employeur n’a pas du tout confiance en sa capacité de travailler à distance indéfiniment.

Cette idée est encore plus répandue parmi les travailleuses à temps partiel, dont 26% pensent que leurs employeurs n’auraient pas confiance en leur capacité à continuer à travailler à distance indéfiniment, par rapport à seulement 18% de travailleuses à plein temps partageant la même opinion. L’emplacement joue également un rôle dans la perception des femmes par rapport à la confiance.

Par exemple, 26% des femmes travaillant en Colombie-Britannique pensent que leurs employeurs n’auraient pas confiance en leur capacité à continuer à travailler à distance de façon permanente alors que la moitié des femmes vivant au Québec pensent que leurs employeurs auraient cette confiance.

l’élaboration d’un plan de réouverture

Il est clair que la plupart des travailleuses au Canada s’attendent à retourner au bureau au moins à temps partiel. Heureusement, seulement un petit pourcentage (5%) menace de démissionner si elles ne peuvent continuer à travailler à distance.

Le facteur problématique est que beaucoup de ces femmes pensent que le manque de confiance est au moins une des raisons du désir de leur employeur de les voir retourner au bureau.

Ces points peuvent constituer une épée à double tranchant pour les employeurs. D’un côté, ils veulent leurs employés de retour au bureau pour différentes raisons, dont plus de rendement, une meilleure collaboration et le moral de l’équipe.

D’un autre côté, ils ne veulent pas perdre la confiance entre leurs travailleurs, surtout qu’un manque de confiance peut mener à une plus grande fréquence de rotation du personnel.

Les employeurs doivent renforcer la communication avec leurs travailleurs afin d’élaborer un plan de réouverture plus efficace. Cette mesure peut donner aux employeurs une meilleure connaissance des défis confrontés par les femmes de la population active.

Par exemple, y a-t-il encore des travailleurs qui ont des difficultés dues à la fermeture des écoles ou qui ne peuvent pas trouver de garderie adéquate, ou qui aident à prendre soin de parents âgés? Certains employés peuvent avoir des problèmes de santé, tels que des maladies auto-immunes, qui les mettent plus à risque de complications dues à la COVID-19.

La communication franche et la transparence entre employeurs et employés peut aider à instaurer la confiance et à permettre aux organisations d’élaborer un plan de réouverture répondant aux besoins de tous les travailleurs quel que soit leur genre. L’élimination des incertitudes grâce à la communication franche peut aussi aider à alléger une partie du stress que les femmes du monde du travail ressentent vis-à-vis de leur retour au travail.

cherchez-vous à en apprendre davantage sur les différences en matière de genre dans le monde du travail?

Vous trouverez des ressources supplémentaires se rapportant aux femmes dans le monde du travail et aux différents défis auxquels elles font face en lisant la section Promouvoir les femmes sur notre site Web.

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