Le sexisme demeure une préoccupation, puisqu’il est encore bien présent dans tous les aspects de notre vie personnelle ou professionnelle. Il est profondément enraciné dans notre société et continue de montrer son insidieux visage dans le quotidien des femmes au travail. 

Le sexisme ordinaire représente un obstacle récurrent à la reconnaissance et à la promotion des femmes en milieu de travail. Sa présence est la preuve que l’égalité des genres n’a pas encore été atteinte. Le temps est donc venu de réduire l’impact du sexisme au travail. 

Nous allons parler ici de sexisme, de ce que c’est, de comment y réagir et aussi, de comment y mettre fin.

Qu’est-ce que le sexisme ordinaire au travail?

Le sexisme professionnel est une sorte de discrimination qui repose sur le genre d’une personne et qui survient en milieu de travail. Un comportement sexiste découle de vieux stéréotypes liés aux rôles des genres dans la société. 

Il peut se manifester de plusieurs façons, par exemple sous forme de commentaires ou de suppositions, ou même dans le genre de tâches attribuées aux femmes. 

Voici quelques exemples de ce à quoi le sexisme peut ressembler :

  • De l’humour inapproprié : Il peut s’agir d’une injustice qu’on tente de camoufler par de l’humour (C’était juste une blague!). Communiquer des propos sexistes sous forme de blagues vise à réduire le risque de confrontation.
  • Des différences générationnelles : Un choc de générations ou un discours de type « À mon époque… »
  • De la marginalisation : Des mots inappropriés, des attitudes toxiques, des idées préconçues et des gestes qui excluent ou qui marginalisent les femmes, ou qui leur causent du tort.
  • De la dépréciation : Des gestes tacites ou insidieux qui déstabilisent, qui sapent la légitimité ou qui déprécient les compétences des femmes, ou qui donnent à celles-ci l’impression consciente ou non d’être inférieures.
  • Du « mansplaining » : Des explications ou des communications condescendantes de la part des hommes, la supposition étant que les femmes sont incapables de comprendre un concept ou une situation.
  •  Des commentaires inappropriés : Il peut s’agir de commentaires sur le corps ou les capacités physiques ou intellectuelles.
  • De la misogynie : Des pensées ou des comportements misogynes suggèrent que l’égalité entre les femmes et les hommes a été atteinte et que le féminisme n’est plus pertinent.
  • Des remises en question injustifiées : Des questions qui renvoient au genre ou à des préjugés sur les femmes, ou la remise en question de décisions prises par des femmes justement parce qu’elles sont des femmes.

De tels comportements peuvent augmenter le niveau de tolérance face au sexisme ou au harcèlement sexuel en milieu de travail. Ils sont dangereux et nuisent à la culture organisationnelle. 

insinuations ou phrases à proscrire

Vos mots et vos gestes ont des répercussions. Il se peut que vous fassiez une remarque sexiste sans même vous en rendre compte. Tous les jours au travail, vous entendez des phrases ou des types de conversation à connotation sexiste.

Voici quelques exemples de mots ou de phrases à proscrire :

  • « Peux-tu nous apporter du café? »
  • « Pas la peine de chercher X après 16 h, elle est probablement déjà partie chercher ses enfants à l’école. »
  • « Es-tu enceinte? Mais tu ne voulais pas une promotion pour être chef d’équipe? »
  • « Quand vas-tu essayer de tomber enceinte? »
  • « Es-tu certaine que tu as assez de poigne pour gérer ce groupe d’hommes? »
  • « L’égalité des genres fait partie de nos valeurs, mais c’est difficile de promouvoir des femmes à ce poste très technique. »
  • « Fais un homme de toi. »
  • « Sois gentille et va… »
  • « Les filles », « ma chérie », « ma belle », ce sont toutes des expressions qui peuvent venir miner l’autorité d’une femme et influencer négativement sur la perception qu’on aura de ses compétences.
  • « Pour une femme... »
  • « Elle est comme la maman du bureau. »
  • « Es-tu sûre d’être capable de relever le défi? »
  • « Les gars » au moment de s’adresser à un groupe de personnes.
  • « Germaine » ou « Rabat-joie ».
  • « Une femme PDG » ou « une femme gestionnaire ».

comment réagir face au sexisme ordinaire?

Agir face aux commentaires et comportements sexistes est essentiel pour les éliminer de la culture d'entreprise. Il est important que tout le monde, et pas seulement les femmes, dénoncent les comportements sexistes. Voici certaines façons de réagir face au sexisme ordinaire :

  • Demandez à la personne « Qu’est-ce que tu veux dire par là? » pour lui souligner l’absurdité ou l’étrangeté de sa pensée (lorsque vous êtes la cible du sexisme).
  • Ne riez pas ou n’ignorez pas le commentaire. Réagissez et défendez la victime (lorsque vous êtes témoin de sexisme).
  • Mettez en place des politiques strictes concernant ce genre de comportements et de commentaires (lorsque vous êtes l’employeur). 
  • Signalez les réalités de type « deux poids deux mesures ». Discutez des pratiques et des politiques sexistes avec la direction.
  • Vous avez le droit de vous sentir insulté et vous n’avez pas à « endurer ».
  • Dénoncez les gestes et les comportements délibérément sexistes.

Il est également important que les gens assument leurs gestes ou leurs paroles. Même si vous ne vouliez pas délibérément être sexiste, vous devez assumer ce que vous avez dit ou fait. 

Présentez vos excuses et dites à votre collègue que vous reconnaissez votre erreur et que vous ferez de votre mieux pour ne plus utiliser de langage sexiste.

comment le sexisme ordinaire influe-t-il sur la reconnaissance et la promotion des femmes en milieu de travail? 

Trop souvent, les gens laissent passer des commentaires ou des comportements sexistes. Or, accepter le sexisme sur le lieu de travail nuit aux femmes, car il fait alors partie de la culture tacite de l'entreprise et certains comportements ne sont tout simplement pas réprimandés. Cette réalité entraîne des répercussions négatives sur la reconnaissance et les occasions d’avancement des femmes

Voici comment le sexisme peut nuire aux femmes dans le milieu de travail :

  • Peur de dénoncer le sexisme; peur de devenir un cas particulier.
  • Perte de confiance et adoption de normes qui ne sont pas les leurs.
  • Cheminement professionnel plus lent et un accès réduit aux postes clés ou décisionnels.
  • Postes d’autorité occupés principalement par des hommes tandis qu’elles ont moins d’occasions d’être promues à des postes de direction.
  • Ne pas soumettre leur candidature en vue d’une promotion de peur de ne pas être prises au sérieux.
  • Devoir en faire plus et se prouver constamment pour obtenir une reconnaissance.
  • Recevoir moins de rétroaction et passer moins de temps en personne avec la direction.

Il faut mettre fin au sexisme, qui est un obstacle de plus auquel les femmes sont confrontées en milieu de travail. Les employeurs doivent s’efforcer de créer une culture inclusive dans laquelle les comportements sexistes ne sont pas tolérés. 

L’élimination des pratiques et des procédures sexistes (qu’elles soient intentionnelles ou non) permettra de faire disparaître des barrières inutiles pour les femmes qui cherchent à avancer leur carrière.